mercredi 25 mars 2020

Du Progrès du Saguenay au journal Le Quotidien

Le Progrès du Saguenay est lancé le 18 août 1887 à Chicoutimi et ses fondateurs sont Alphonse Guay, Joseph-Dominique Guay et Louis de Gonzague Belley. Son nom est inspiré par l’arrivée au Saguenay du chemin de fer, symbole de progrès. Le journal est alors publié tous les jeudis. 

Joseph-Dominique Guay, futur maire de Chicoutimi, et Louis Gonzague Belley, assurent la rédaction du journal qui soutient les positions du parti conservateur. La colonisation, le prolongement du chemin de fer au Lac-Saint-Jean et la politique municipale de Chicoutimi occupent  une place importante dans le contenu du journal. 

Le Progrès dimanche en 1887

Joseph-Dominique Guay, qui en devient le seul propriétaire en 1888, sera maire de 1895 à 1902 et de 1922 à 1923. Les pages de son journal servent donc largement à défendre décisions et et ses idées sur la politique, l’agriculture, et le développement du Saguenay en général.  Bien que conservateur sur le plan politique le journal  et son rédacteur sont souvent en conflit avec les autorités ecclésiastiques, jusqu’à être menacé d’être dénoncé en chaire.

En 1908, le journal est vendu au Syndicat des imprimeurs du Saguenay inc. L’homme d’affaires Julien-Édouard-Alfred Dubuc en est le principal actionnaire, mais on compte aussi dans ses rangs des membres de l’église locale. Guay est remplacé à la rédaction par Damase Potvin. 

Ainsi, à compter de 1912 et jusqu'au début des années 1960, le ton devient beaucoup plus moral, alors que l'hebdomadaire devient l'organe officieux de l'évêché de Chicoutimi, dirigé par Mgr Eugène Lapointe. À deux reprises le journal aura des rédacteurs issus du clergé, soit L’abbé Calixte Tremblay 1914 à 1923 et l’abbé André Laliberté de 1925 à 1931. Ce dernier en sera ensuite le directeur de 1931 à 1943.

Le Progrès devient bi-hebdomadaire en 1926 puis quotidien pour une première fois en 1927, avant de redevenir hebdomadaire en 1932. En 1953 que Le Progrès devient à nouveau un quotidien, jusqu’en juillet 1961. Puis, après une courte interruption, il redevient un hebdomadaire en septembre de la même année.

C’est le 11 octobre 1964 que le Progrès du Saguenay devient le Le Progrès-Dimanche. On opte alors pour un format tabloïd et pour fidéliser la clientèle, on l’offre gratuitement pendant quelques mois. Les propriétaires sont alors Aimé Laurion et Pierre-Eugène Laberge

En 1971 les frères Gabriel et Guy Gilbert, propriétaires du Soleil, font l’acquisition du Progrès du Saguenay. En 1973, ils suspendent le Soleil du Saguenay-Lac-Saint-Jean qu'ils publiaient depuis 1970 pour le remplacer par un quotidien 100% régional, Le Quotidien.

Le Progrès-Dimanche en 1974
La première une du Quotidien en 1973
En 1974, Les frères Gilbert vendent Le Quotidien et Le Progrès-Dimanche (ainsi que Le Soleil) à UniMédia, dirigé par Jacques Francoeur et Jean-Guy Faucher. Au début des années 1980, Le Quotidien passe de journal du soir à journal de matin et de grand format à tabloïd. Ces changements lui permettent de gagner en popularité et d'assurer sa prospérité car jusque-là, il survivait grâce à la popularité du Progrès-Dimanche, 

En 1987, le groupe UniMédia est vendu à la compagnie Hollinger de l'homme d'affaires Conrad Black. Le 10 novembre 2000, Gesca, propriété de Power Corporation du Canada, achète le journal du groupe de Conrad Black. Et en mars 2015, Gesca vend ses Quotidiens régionaux au groupe Capitale Médias, qui appartient à Martin Cauchon. . 
En avril 2017, le Progrès Dimanche déménage le samedi et devient le Progrès weekend (il remplace par le fait même l’édition du samedi du Quotidien). 

Suite aux déboires financiers du Groupe Capitale Médias, la Coopérative de solidarité du Quotidien au Saguenay-Lac-Saint-Jean a est fondée en décembre 2019 et mène désormais les destinées du Quotidien et du Progrès-Weekend. 

Principales sources:
  • BAnQ numérique
  • André Beaulieu et Jean Hamelin, La presse québécoise des origines à nos jours, Presses de l'Université Laval.
  • Wikipédia
  • Simon Deschênes, La presse régionale québécoise entre 1880-1930: études de cas du Courrier de St-Hyacinthe et du Progrès du Saguenay
  • Gérard Bouchard, Élites, entrepreneurship et conflits de pouvoir au Saguenay (1890-1920)
  • Divers numéros anniversaires du Progrès et du Quotidien 


Un grand merci à Julien Renaud journaliste au Quotidien pour son aide. 



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